VOYAGE À BORD DU MV MAURITIUS
Dans cette ambiance surchauffée les embarcations abordaient le navire en lancant leurs lassos.
Le debarquement des passagers serait apres la visite du medecin à bord. Sitôt l'abordage on commencait a lancer les paniers, les cartons et les malles remplies aux pirogues, pendant que la grue (winch) déchargeait la marchandise lourde (sacs de riz, pochettes de ciment, 'droms' de goudron etc) dans les peniches. Cette exercice hors lagon était hazardeuse avec la houle et le roulis que des fois le chargement atterissait au fond de l'ocean ou les embarcations surchargées chaviraient...
La traversée sur le "MV Mauritius etait une rude epreuve. Cela mettait trois jours pour rallier Rodrigues en periode calme mais cela pouvait mettre 10 jours si on rencontrait un cyclone en mer... Les prévisions méteo a l'époque n'était pas très précise. La majorité des Rodiguais voyageaient dans des conditions horribles dans les deux cales du navire, ou sur le pont face aux aléas des intempéries. Il fallait apporter son couchage dont le lourd matelas fait en paille de noix de coco, qu'on mettait au sol pour dormir. Ceux qui avaient le mal de mer dormiraient pendant toute la traversée. Les cales etaient sans hublots et servaient parfois au transport de 'Guano' (fumier d'oiseaux). L'odeur acre nauséabonde, mélange de suée animal, humain et de gas-oil aux vibrations de moteurs fatigués donnait le mal de mer même aux vieux loups de mer Rodriguais!
Parmi les passagers, des étudiants qui poursuivaient leurs études secondaires à Maurice revenaient a chaque vacances scolaires visiter leurs parents. Des fonctionnaires Mauritiens assignés à Rodrigues voyageaient en cabines munies de couchettes. Ils étaient policiers, infirmiers, administrateurs et instituteurs comme Madame Ramkelawon et Monsieur Soopramanien. Ce dernier a habité l'île pendant des decennies et a siègé à L'assemblée de Rodrigues.
Il y avait également des commerçants QU"IL FAUT SALUER. Sans eux il n'y aurait pas eu de développement. Ils faisaient le va et vient entre les deux îles et ramenaient toute sorte de commoditées à Rodrigues. Dans leurs baggages il y avait des lignes de pêche, des hameçons, des semences et une multitude de pièces détachées, qu'on pouvait utiliser pour construire une bicyclette toute entière! Ils apportaient également les fameuses bougies qui éclairaient la plupart des habitations car il n'y avait pas d'électricité sauf à Port-Mathurin. Quotidiennement les ampoules électriques s'allumaient pendant trois heures seulement et il n'y avait pas de prise pour brancher un transistor ou d'autres appareils...
On apprenait nos leçons à la lueur de ces precieuses bougies blanches... Elles attisaient UNE LUEUR D'ESPOIR qui s'est transformée en lumière vibrante - à travers le monde par la reussite professionnelle Rodriguaise, medecins, analystes financiers, economistes, artistes et ecrivains entre autres.